Réveil tôt. Un rendez-vous ce samedi matin m’arrache des bras de Morphée. Après la pluie violente de la veille, le thermomètre est amplement descendu. Fini les gouttes de sueur. A la place l’arme du moment reste le parapluie. Tant pis. Le ciel est voilé : mélange de bleu et de blanc. Pas très engageant.
Après un nouveau tri et quelques tentatives e-bay, je continue le grand nettoyage de Printemps. Trop de vêtements. Trop de vêtements dont je ne peux me séparer : souvenirs, trop petits mais un jour je pourrai les remettre (remarquez l’emploi du futur et non du conditionnel, ce qui prouve mon assurance), etc. Je réussis pourtant à faire de la place dans les tiroirs. Ces derniers se ferment presque seuls : un miracle.
J’en profite pour commencer l’immense pile de vêtements à emporter pour le sud.
Ce soir la nuit des musées. Mais je risque fort de rester loin de cette festivité. Aucun désir de foule, de file d’attente, de cohue. Je veux du calme.

Voilà, je résiste depuis plusieurs années face à ce monstre de la vente par internet.
J’ai pourtant toujours un petit écho des merveilles réalisées aussi bien pour les vendeurs que les acheteurs.
Finalement après un énième tri de vêtements, chaussures, livres, vaisselles et autres splendeurs, je me décide.
Si tout le monde y trouve son compte, je devrais également y trouver le mien : de la place dans les placards et des petits sous pour racheter des vêtements qui encombreront à nouveaux les placards et rebelote.
Avant de mettre en vente quoi que ce soit, je dois trier, faire des choix et regarder minutieusement les objets à mettre en vente, car attention pas de bêtise, pas de choses abîmées, usées ou tâchées.
Ensuite, je prends des photos. Les articles deviennent de vraies stars sous les flashs qui crépitent.
En un mot, je tente de faire les choses correctement. Oui, madame.
Je commence donc par mettre en vente peu d’articles des T-shirts quasi-neufs. Les enchères marchent pour certains pas pour tous.
Je réalise aujourd’hui deux ventes. Je prends contact avec les deux acheteuses. Et là : le drame.
Je stipule que je n’envoie aucun article par la poste et que tout est remis en main propre. Plus pratique pour moi et ma gestion du temps. Emballer, préparer, faire la queue à la poste : beurk.
Mais voilà, les deux acheteuses n’habitent pas vraiment à côté de la capitale. Scregneugneu.
Alors que dois-je faire. Pas d’autre choix que de finalement leur envoyer les articles.
Bon jusque là, point de souci. Mais telle une poule avec un couteau ou un chat avec une fourchette, je m’emmêle les pinceaux et plouf, je tombe dans la marre du “c’est trop compliqué pour moi”, “c’est bloqué, je peux rien changer”
Heureusement les acheteuses sont compréhensives. Il faut dire que les débuts ne sont pas évident. Je patauge, je me plante, je vais trop vite ou pas assez.
Et en plus je dois obtenir une bonne évaluation des acheteuses, sinon, c’est la cata.
Mauvaise évaluation veut dire pas de vente. Gloups.
Bon sur ces bonnes paroles, j’y retourne, plein de vêtements à mettre en vente.

Le grand ciel bleu s’offre à mes yeux ce matin. La température est plus calme, mais rien de surprenant. La chaleur des jours précédents était presque irréelle. Aujourd’hui rien de bien passionnant de prévu. Des petits soucis à régler, une séance de sport et prendre soin de ma gorge. Un mal qui dure depuis plusieurs jours conséquences d’allergie. Mais d’allergie à quoi : aux pollens, au soleil, à la chaleur, à la pollution…
Ce matin des coups de marteaux plus forts et comme plus proches de moi. Les travaux continuent donc de plus belle. Quelle date pour la fin de ce concert de bruits agressifs et de poussière vicieuse. Aucune idée. Mes demandes restent semble-t-il vaines.
Cela fait depuis plusieurs mois maintenant que des travaux ont lieu dans l’immeuble. Si je reste calme face au bruit, j’ai de plus en plus de mal à supporter la poussière. Aucune protection, aucune bâche, rien. De ce fait les escaliers sont blancs et ce blanc, cette poussière blanche, je la retrouve sur mes meubles, mes livres et tout le reste. Si cela se trouve je suis allergique à cette poussière blanche.
Les bruits se faisant plus proches me rappellent que mon propriétaire voulait que je parte. Refus de ma part, mon bail court encore. Mais peut-être veulent-ils m’avoir par les nerfs.

Tous les jours en descendant mais surtout en montant les 121 marches qui me séparent de mon cocon, je regarde ce qui se passe au travers des fenêtres. Tel un James Stewart dans Fenêtre sur cour, j’observe les gens vivre. Enfin, ce que je peux en apercevoir. Je vois d’ailleurs surtout des personnes à leur bureau. Parmi elles un homme, le genre petite trentaine au dentier limé tous les soirs afin d’éviter d’éventuelles rayures intempestives.

Il fait partie de ces jeunes hommes aux diplômes matelassés, souvent une grande école de commerce, parfois un diplôme étranger de préférence anglais ou américain. Bref, tout ce qu’il faut pour avoir les poches pleines.

Des horaires à larges amplitudes, mais cela s’explique officiellement par les responsabilités du poste occupé. Pourtant lorsque je passe et que je jette un coup d’œil je vois plus souvent quelqu’un surfant que plongé dans de gros dossiers. Mais, j’écris cela, je n’écris rien…

En attendant point de tel emploi pour moi et c’est tant mieux. Je vais pouvoir quitter la capitale pour une assez longue période d’ici la fin du mois. Un emploi d’été à temps partiel situé à une heure de la ville rose.
Et pendant mes heures de repos une petite montagne d’ouvrages à lire. Je viens tout juste de faire le plein et cette nouvelle pile offre de tout.

Pour terminer la journée j’ai trouvé le cliché du jour. En attendant de traverser les Champs en pleine heure de pointe, je tourne la tête et découvre ces petites fleurs blanches, là, poussant contre vents et marées.

Au milieu de cette cohue, au milieu de ces agressions incessantes, de cette pollution, de cette vie “moderne”, de ce brouhaha, de cette violence et des détritus. La nature combat, vaillante. Elle résiste à tout ce qui tente de la faire disparaître. Petites fleurs d’espoir et de sourire. Petites fleurs de douceur.

Alors qu’hier le ciel malgré les nuages offrait encore un beau temps, l’après-midi a rapidement changé d’avis. Tandis que je transpirais goulûment (est-ce possible…) le ciel tombait sur la tête des Parisiens et de tous les autres. Lorsque je ressortais du club de torture je trouvais des trottoirs trempés. Mais la tempête semblait déjà loin. Tout juste le temps de traverser les Champs et d’arriver chez moi, de grosses gouttes se remettaient à tomber frénétiquement pour ne plus s’arrêter de toute la soirée.
Sorte de pluie d’orages, moiteur asiatique, la température ne baisse pas, l’humidité augmente. Tous les ingrédients sont réunis pour s’abandonner dans une sorte de langueur suave. Je me transporte au cœur de l’Asie du sud-est entourée d’une végétation luxuriante, envahissante et même éblouissante.
Aujourd’hui un emploi du temps qui me mènera dans différents arrondissements de la capitale. Mais surtout des renseignements pratiques à prendre auprès de l’Assedic. Car… j’ai peut-être trouvé un petit travail pour les trois prochains mois. Un temps partiel qui me remettra un pied à l’étrier et qui me changera les idées. Un emploi loin de la capitale, dans le sud-ouest. Il faut juste que cela s’accorde avec mon statut de “chômeuse”. Suite au prochain épisode.

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